La bibliothèque des cœurs cabossés (Katarina Bivald)

La bibliothèque des coeurs cabossés

« La bibliothèque des cœurs cabossés » est le premier roman de Katarina Bivald. Il est paru pour la première fois en 2013 en version originale (« Läsarna i Broken Wheel rekommenderar »). Katarina Bivald est Suédoise et ce premier roman fut traduit en plus d’une vingtaine de langues.

Une libraire timide et atypique

Dans « La librairie des cœurs cabossés », on rencontre Sara qui va quitter sa Suède natale pour un voyage inhabituelle. Sara préfère la réalité des livres qu’elle dévore à la triste réalité de sa vie, où elle ne parvient pas à trouver sa place. Jusqu’au jour où sa correspondante Amy l’invite à lui rendre visite à Broken Wheel, un village oublié dans le fin fond de l’Iowa.

Sara est attachée à cette vieille dame qu’elle ne connait qu’à travers le papier des lettres et des livres qu’elles s’échangent. Elle accepte donc l’invitation. Pourtant, arrivée à Broken Wheel, on lui apprend la triste nouvelle : Amy est décédée.

Sara va découvrir Broken Wheel et ses habitants atypiques qui, contrairement à Amy, ne veulent rien entendre des livres et des bienfaits qu’ils pourraient leur apporter.

Et si ce voyage avait été une erreur ?

Le thème de la bibliothérapie en filigrane

J’ai acheté ce livre sur un coup de tête (ou une intuition dirons certains). Je l’ai commencé une première fois et je n’avais pas du tout accroché au schéma de la romance dans un village isolé.

Pourtant, alors que je triais mes livres pour en revendre certains, je l’ai eu à nouveau en main. À nouveau, une intuition, un coup de tête, mais il m’a à nouveau attirée. Avez-vous déjà eu ça ?

L’histoire de Sara, de sa librairie et de ses interactions avec les villageois de Broken Wheel n’a pas révolutionné le storytelling. Pourtant, quelque chose m’a particulièrement touchée dans cette histoire : c’est la place que Bivald donne au livre dans son propre livre.

L’héroïne, Sara, croit au plus profond de son cœur qu’il existe un livre pour tout le monde.

« Il y a toujours un lecteur pour chaque livre. Et un livre pour chaque lecteur. »

Le livre est présenté dans « La bibliothèque des cœurs cabossés » comme un outil de réflexion, quelque chose qui ouvre les yeux des gens ou panse leurs blessures. Comme Sara, je crois dur comme fer que les livres sont là pour nous aider, nous faire réfléchir et nous faire comprendre des sentiments et des situations qu’on n’a jamais vécues.

Le libraire comme bibliothérapeute

L’histoire place donc Sara, la libraire, comme intermédiaire entre le livre et le lecteur qui s’ignore. Toutes ses lectures de sa courte vie l’ont rendue extrêmement empathique vis-à-vis des curieux qui pénètrent dans sa librairie. Elle qui pourtant préfère les personnes faites d’encre et de papier plutôt que les personnes faites de chair et de sang.